L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Partenariat Halte à la tuberculose, UNITAID et la Fondation pour l’innovation en matière de nouveaux diagnostics (FIND) ont annoncé, hier, deux nouvelles initiatives qui permettront aux malades atteints de la tuberculose à bacilles multirésistants (tuberculose MR), dans les pays pauvres en ressources, d’obtenir un diagnostic en deux jours (et non plus deux ou trois mois), ainsi qu’un traitement approprié.
Le premier projet, rendu possible par un financement de 26,1 millions de dollars d’UNITAID, introduira une méthode moléculaire pour diagnostiquer la tuberculose MR utilisée jusqu’ici uniquement pour les travaux de recherche. Ces nouveaux tests moléculaires rapides connus sous le nom de LIPA ( line probe assays) apportent une réponse en moins de deux jours.
Un deuxième accord complémentaire avec UNITAID, d’un montant de 33,7 millions de dollars, prévoit que le Service pharmaceutique mondial renforcera l’approvisionnement en médicaments nécessaires pour traiter la tuberculose MR dans 54 pays, notamment ceux qui recevront les nouveaux tests diagnostiques. Le projet devrait aussi permettre d’obtenir des réductions de prix allant jusqu’à 20 % pour les anti tuberculeux de deuxième intention d’ici 2010.
La tuberculose MR est une forme du tuberculose que le traitement habituel ne permet pas de soigner correctement à cause de la résistance aux médicaments de première intention, l’isoniazide et la rifampicine. On estime actuellement que 2 % seulement des cas de tuberculose MR dans le monde sont diagnostiqués et traités de façon appropriée, principalement à cause de services de laboratoire insuffisants. Ces initiatives devraient permettre de multiplier au moins par sept cette proportion au cours des quatre prochaines années, pour atteindre 15 % ou davantage.
Dans les pays en développement, la plupart des malades de la tuberculose ne subissent un test pour déterminer la présence de bacilles multirésistants qu’après un échec thérapeutique suivant l’emploi de médicaments de première intention. Et même dans ce cas, il faut attendre deux mois ou davantage pour confirmer le diagnostic. Les malades doivent attendre de recevoir les résultats avant de pouvoir bénéficier de médicaments de deuxième intention susceptibles de leur sauver la vie. Au cours de cette période, ils peuvent aussi propager les bacilles multirésistants autour d’eux. Souvent, ils meurent avant que les résultats soient connus, surtout s’ils sont en même temps infectés par le VIH.
Au cours des quatre prochaines années – à mesure que le personnel de laboratoire sera formé et que les moyens de laboratoire seront améliorés et de nouveaux équipements fournis –, 16 pays (Azerbaïdjan, Bangladesh, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Géorgie, Indonésie, Kazakhstan, Kirghizistan, Lesotho, Moldova, Myanmar, Ouzbékistan, République démocratique du Congo, Tadjikistan, Ukraine et Viet Nam) commenceront à utiliser des méthodes rapides de diagnostic de la tuberculose MR, y compris les tests moléculaires.
Comme l’a fait observer Philippe Douste-Blazy, Président du Conseil exécutif d’UNITAID, « grâce à l’appui de 60 millions de dollars fourni par UNITAID, ces projets devraient permettre d’obtenir des résultats significatifs en matière de diagnostic et de traitement et, en même temps, de réduire les prix des médicaments et le coût du diagnostic. Ces efforts illustrent la façon dont des moyens de financement novateurs peuvent être utilisés en faveur de la santé et du développement ».























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